On parle souvent de Grand Prix moto, de pilotes, de vitesse, mais on oublie bien souvent de parler et faire honneur à ces hommes et ces femmes passionnés qui assurent la sécurité et le bon déroulement des courses. Vous les avez sûrement aperçus, vêtus d’orange au bord de la piste agitant leurs drapeaux ou en intervention lors des chutes. 

A l’occasion des 24h moto, nous avons interviewé Audrey, commissaire de piste présente lors de cet événement. Une rencontre inédite avec ces héros dans l’ombre sans qui les courses n’existeraient pas !

commissaire de piste

La passion avant tout 

Motarde depuis l’âge de 33 ans, Audrey est une vraie passionnée et n’hésite pas à y consacrer du temps. Si rien ne la prédestinait à faire de la moto et encore moins devenir commissaire de piste, elle a été plongée dedans et y a vite pris goût. Après avoir passé son examen, elle s’est retrouvée sur différentes grandes courses. Elle obtient son accréditation chef de poste en 2018 et exerce actuellement en tant que première adjointe. Elle est aussi commissaire de piste, commissaire technique, commisaire de stand, autant de casquettes qui lui permettent d’être polyvalente et de vivre de sa passion.

“J’ai commencé la moto très tard et je ne connaissais pas du tout ce milieu-là. On m’a mis le pied dedans et je suis devenue accro très vite ! J’ai essayé d’évoluer au fur et à mesure des années et j’essaie d’avoir un peu toutes les casquettes. Si je pouvais être tout le temps en bord de piste je le serai et si ça pouvait être un métier je le ferai ! J’aime les odeurs, les bruits et l’adrénaline que ça peut procurer. »

Les yeux de la course 

Sans commissaire de piste, il n’y a pas de courses. Leur rôle est indispensable pour le bon déroulé des épreuves. La mission première de ces bénévoles passionnés est d’assurer la sécurité aussi bien des pilotes que des équipes. Ils sont les yeux de la course et doivent rester vigilants et attentifs en permanence pour agir le plus rapidement et efficacement possible en mettant les personnes en sécurité. Plusieurs rôles leur sont donnés : informer les pilotes grâce aux drapeaux pour signaler un danger ou un problème mécanique qu’ils ont remarqué. Ils assurent le relais de ce qu’il se passe sur la course pour en informer la direction de course (chute par exemple).

“On ne tourne jamais le dos à la piste parce qu’on ne sait jamais ce qui peut nous arriver. Les pilotes sont dans leur course et c’est les drapeaux qui nous mettent en sécurité. Même si on pense qu’il peut ne rien se passer, il peut toujours se passer quelque chose, il faut toujours être attentif et avoir les yeux rivés sur la course.” 

Comment devenir commissaire de piste ?

Pour devenir commissaire de piste, Audrey a passé un examen (OCP) sur une demi-journée composée d’une partie théorique et d’un examen QCM. Pour pouvoir exercer, il est nécessaire de prendre une licence OFF et d’être sous tutelle d’un club moto. Audrey est commissaire depuis 2014 et rattaché à l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) depuis 2016. Une fois la licence et l’examen en poche, chaque bénévole est libre de se positionner sur les courses qu’il souhaite. Les clubs ont besoin de nouvelles recrues afin d’assurer un renouvellement et encouragent les passionnés de tout âge à passer la formation.

« Être commissaire de piste c’est une passion, tu ne peux pas le faire si tu n’es pas passionné. Il faut être capable d’accepter les grosses chaleurs, le froid, la pluie… Bien sûr c’est bien d’être au plus proche de la course mais il ne faut pas venir que pour ça. C’est très physique, il faut pouvoir relever la moto, les pousser, les sortir du bac… Mais quand on devient commissaire on fait partie d’une grande famille, on fait de belles rencontres et on vit la course de l’intérieur.”

Les dangers 

Être commissaire de piste n’est pas sans danger, ils sont aussi exposés que les pilotes et doivent redoubler de vigilance pour éviter les suraccidents. 

“Il faut toujours être sur le qui-vive. Si nous, on n’est pas en sécurité, on ne peut pas assurer celle des pilotes. Je me suis déjà pris des cailloux en projection. J’ai des potes qui ont failli se prendre des roues. Cela fait partie des risques mais ça n’entrave pas la passion !”

Les femmes dans un milieu masculin 

Les femmes sont de plus en plus présentes sur les circuits. Contrairement aux idées reçues, elles sont présentes en grand nombre et tout aussi capables que les hommes.

“Il y a forcément moins de femmes que d’hommes mais selon moi, on est aussi capable qu’eux. Quand on me demande de remonter une moto dans un bac, je peux le faire et je n’ai pas besoin qu’on vienne me tenir la main !”

radio commissaire de piste

Vers une meilleure reconnaissance

Malgré leur rôle crucial, les commissaires de piste sont encore trop peu connus du grand public et n’ont pas toujours la reconnaissance et le respect qu’ils méritent. On observe encore une disparité entre la F1 et les courses moto, même si de belles avancées sont en cours. 

“Je pense qu’il n’y a pas assez de pub sur les commissaires. Depuis Canal+, les commissaires sont équipés de petites caméras afin de pouvoir filmer ses interventions. C’est super sympa de le faire car ça permet de se glisser dans la peau d’un commissaire. C’est pas encore à la hauteur de ce qu’on fait mais ça vient petit à petit.”

Les types de drapeaux :

Il existe une dizaine de drapeaux de signalisation en usage sur les épreuves moto, découvre leur signification ci-dessous. 

signification drapeaux commissaire de piste
Source : FFM

Le mot de la fin : “C’est ouvert à tout le monde, à tout âge, il faut être passionné. C’est de l’engagement mais ça en vaut la peine et on rentre dans une grande famille ! Il ne faut pas oublier que si on n’est pas là, personne ne roule !”

Merci à Audrey pour son retour d’expérience, si toi aussi tu as envie de devenir commissaire de piste, n’hésite pas à te rapprocher de la ligue motocycliste de ta région pour te former ! Audrey recrute des passionnés et motivés dans son équipe !

Plus qu’une balade, une aventure ! Rejoins la tribu !

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