Cette semaine, rencontre avec Sandrine Dufils, une femme qui a su marquer les esprits tant par son bel engagement pour la cause féminine que pour sa passion et son aventure sur l’ICGP de Daytona.

Sandrine est vice-présidente de l’association Toutes en moto”, ancienne membre du comité féminin de la FFM qui organise la Women’s Cup, autant de casquettes qui lui permettent d’honorer les femmes et de les démocratiser dans le milieu de la moto principalement masculin.

Musicienne, pistarde, compétitrice, femme engagée et surtout femme au grand cœur. Récit d’une femme passionnée et aventurière.👇 

Plus qu’une balade, une aventure ! Rejoins la tribu !

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La moto pour s’évader

La moto, Sandrine est tombée dedans très jeune. Dès l’âge de 11 ans, elle arpentait les routes normandes jusqu’à la ferme familiale sur le solex que lui prêtait son grand-père. Elle adorait déjà cette sensation de liberté, et c’est à l’âge de 14 ans que son père lui offrait sa première mobilette. Faire de la moto collait parfaitement avec son besoin de liberté, son désir de prendre de l’indépendance. 

“Je ressentais un fort besoin d’indépendance et de liberté et faire de la moto me procurait ce sentiment, ça me permettait de m’évader du quotidien !”

Elle décide ensuite de passer son permis moto à ses 19 ans. À l’époque, elle était la seule femme sur le plateau ! Elle s’offre sa première moto avec son premier salaire à l’âge de 21 ans, une Yamaha Virago 250 qui l’accompagnera dans tous ses déplacements entre Paris et la Normandie. 

Suite au vol de sa première moto en 1995, elle teste la Yamaha 500SR chez son concessionnaire. Ce monocylindre difficile à démarrer au kick ne lui résistera pas longtemps et elle l’adoptera pendant près de 20 ans.

“Je me souviens que sur les routes, les garçons que je croisais aux feux rouges me demandaient si ce n’était pas trop dur à démarrer et à manier ! Ils étaient tous impressionnés !”

Ses débuts sur circuit

C’est avec ses amis qu’elle avait l’habitude de se rendre à des “démonstrations” où le principe était de rouler très vite sur des manches de 20 minutes sans compétition. Ces manifestations conviviales et bon enfant rythmaient ses week-ends. “On s’arsouillait à celui qui irait le plus vite” !

Ce n’est que plus tard grâce aux Pétroleuses, un groupe de 15 filles qui roule sur route et sur circuit, qu’elle s’intéresse de plus près à la piste. Lors d’un week-end sur le circuit de Lurcy Lévis, Sandrine monte sur la Guzzi 1000 d’un ami et se lance sur la piste avec les autres femmes. C’est le déclic et le début d’une passion qui naît. Après avoir participé à plusieurs roulages, elle s’achète sa première moto de piste : une Honda 350 rouge.

La bonne rencontre

Elle rencontre plus tard Eric Saul, ancien pilote GP et créateur/organisateur de l’International Classic Grand Prix, le championnat des motos Grand Prix des années 1974 à 1984. Il lui demande si elle souhaite essayer sa moto de course au vu de ses bonnes performances et de son potentiel. Elle accepte sans hésitation et se retrouve à rouler sur une Yamaha TZ 350, un des bicylindres des plus rapides et imprévisibles dans les années 80-90. Elle dompte le monstre avec aisance ! La suite coulera de source…

L’aventure à Daytona 

C’est donc aux côtés d’Eric, son compagnon de l’époque que Sandrine prend ensuite la route pour relever le défi fou de courir sur l’ICGP de Daytona. De cette expérience, elle n’en retient que du positif. À l’époque, elle était la seule fille sur les 40 pilotes en lice. Sur le célèbre circuit de Daytona, la Française n’en démord pas et fini à la 4ème place. 

Son aventure est filmée dans le court métrage “Une française à Daytona” projeté au French Riviera Motorcycles Festival en février dernier. À visionner sans modération !

Suite à cette belle aventure, elle participe à plusieurs roulages dont les ouvertures du 24h du Mans et du Bol d’or. 

C’est en 2009 qu’elle décide de stopper définitivement sa carrière en compétition. Faire de la piste a un certain coût et requiert beaucoup de temps et d’investissement. Une grosse chute et des soucis de santé lui feront prendre conscience qu’il est plus sage d’arrêter afin de se préserver et se consacrer à son petit garçon. 

Sa rencontre avec l’association “Toutes en moto”

C’est en 2014 qu’elle rencontre l’association “Toutes en moto” par le biais de copains à elle. Sandrine a l’occasion de participer à un projet de diptyque photo représentant une série de femmes. Touchée par la cause de cette association, elle décide ensuite de venir en aide à Annie Yahie, la fondatrice, dans ses démarches à l’Institue Curie. Elle deviendra par la suite la vice-présidente de l’association. Elle sera à l’initiative de concerts notamment avec son groupe de rock qui lui permettront de reverser des fonds à l’institut Curie.

Leur combat pour l’égalité homme-femme

Avec pour leitmotiv : “Conduisons nos vies”, les combats de “Toutes en moto” nous rappellent que rien est jamais acquis et qu’il faut se battre sans relâche pour nos droits. L’ADN de « Toutes En Moto » reste la défense des droits des femmes et l’association milite pour différentes causes toutes aussi importantes les unes que les autres : l’égalité homme femme, le plafond de verre, les violences, les femmes battues et bien d’autres. L’association, composée de femmes et d’hommes au grand cœur, souhaite montrer que chaque femme peut s’émanciper sans avoir peur. 

Chaque année, “Toutes en moto” organise un défilé aux 4 coins de la France pour la journée des droits des femmes. Cette année, les défilés auront lieu ce week-end à : Bordeaux, Laval, Lyon, Nîmes, Orléans, Paris, Strasbourg, Vichy. 

Merci à Sandrine pour son temps ! Vous la retrouverez à l’occasion de leur défilé national le samedi 14 mars, n’hésitez pas à vous joindre aux défilés, y compris vous Messieurs, tout le monde est le bienvenu ! ✌️