Accident Moto : seul ou non, voici tout ce qu’il faut savoir

Faire de la moto, c’est assez connu, ça n’est pas sans risque. Nous avons déjà tous chuté et/ou connaissons tous(tes) des ami(e)s motard(e)s qui ont malheureusement posé plus que le genoux. Dans cet article, on va répondre aux questions que tu te poses au sujet des accidents en moto et te donner de précieux conseils.

accident moto

Les gestes en cas d’accident moto

On commence par rappeler que ce qui fait la différence en cas de chute en deux roues, c’est l’équipement. On sait que ça peut éviter de gros traumatismes post-accident mais une fois que le pire survient, quels sont les gestes qui sauvent ? Quels sont, au contraire, les gestes à proscrire ?

Protéger, alerter, secourir

Alors oui, on va te rabâcher ce que tu as certainement entendu de nombreuses fois au permis : en cas d’accident on P.A.S. (soit Protéger / Alerter / Secourir).
Dans cet ordre là, uniquement. Éventuellement, si l’on est plusieurs à être témoins d’un accident, on peut effectuer les actions simultanément. Mais si l’on se retrouve seul face à la situation, il faut respecter cet ordre-là.

  1. Protéger
    Pour protéger, protège-toi. Avant de vouloir sauver ton prochain, veille à te rendre visible et assure-toi de te déplacer en toute sécurité. Pas la peine de vouloir jouer les héros au point de risquer le sur-accident. Donc on ne se jette pas à corps perdu sur la victime, on enfile son gilet jaune et on traverse la route en toute sécurité.
    Ensuite, fais en sorte de rendre l’accident visible. Non pas pour que les badauds se rincent l’œil mais pour que justement ils aient l’œil, tout court.
    Une fois de plus, on évite le sur-accident en sortant son triangle. Idéalement, on le place 150 mètres avant l’accident. Si des témoins sont présents, on les sollicite : on leur demande de sortir également leur triangle, leur gilet jaune et on demande aux adultes équipés d’un gilet de se poster 150m avant et après l’accident. Ces personnes devront se rendre visibles et ainsi rendre visible la zone d’accident. Dans ce cas-là, tout est bon à prendre : lumière de téléphone, lampe torche, linge blanc… On ne lésine pas !
    Astuce : à moto, on n’a pas souvent la place de se trimballer un triangle réfléchissant. En revanche, un bâton phosphorescent se calera parfaitement sous ta selle (et ce, quelle que soit ta selle). En cas d’accident, tu les craques et tu les poses sur la route (toujours 150 mètres avant et 150 mètres après l’accident).
  2. Alerter
    L’élément indispensable pour une alerte réussie, tu l’auras compris, c’est ton téléphone portable. Mais face à un accident, dans la précipitation, il est possible que tu t’y perdes. Les informations à transmettre, dans l’ordre, sont les suivantes :
    – la localisation précise (ton GPS est ton meilleur allié pour te localiser précisément sur une départementale un peu loin de tout),
    – la nature de l’accident (glissade, collision, sortie de route…),
    – le nombre de personnes accidentées, leur âge approximatif, leur sexe. Précise ensuite si la personne est consciente ou non, si elle bouge, si elle respire, si elle saigne…
    Le plus judicieux est de rassembler toutes ces informations avant de passer le coup de téléphone de façon à être le plus efficace possible au moment de passer l’appel. Tu le sais peut-être déjà : chaque minute compte, il faut optimiser le temps au mieux.
    Qui appeler ? Le 18 si l’accident se produit en France. Le 112 si l’accident survient quelque part en Europe. Ne te casse pas la tête à hésiter avec d’autres numéros. Si tu veux gagner du temps le jour J, ne retiens que ces 2 numéros-là.
    Astuce : si tu es sourd ou malentendant, tu peux envoyer un SMS au 114. Dans ton SMS, rentre les informations précédemment évoquées. Une fois ton alerte réceptionnée, les équipes du 114 la transmettront au service correspondant.
  3. Secourir
    Si tu es secouriste, nous n’allons rien t’apprendre dans cette section.
    Si tu ne l’es pas, sache que tu peux aider la victime. Ne te défausse pas sous prétexte que tu n’es pas formé(e). Sans dire que tu vas lui sauver la vie, tu vas très certainement éviter à son état d’empirer. Donc, prends ton courage à deux mains et si personne ne l’a encore fait après avoir sécurisé les lieux et après avoir appelé les secours, accours auprès de la victime.
    On t’explique que faire ensuite dans le paragraphe suivant.

Secourir un accidenté ! Mais comment ? 

Que la victime soit consciente ou non, qu’elle se soit relevée ou non, tu n’as qu’une chose à faire en premier lieu : lui parler.
On ne s’inquiète pas trop, c’est assez instinctif de commencer par parler. Il faut alors lui poser des questions, de façon à en savoir plus sur son état de santé mais également pour lui permettre de prendre conscience calmement de ce qui lui arrive.

Si le(la) motard(e) est au sol, conscient(e) ou non, et qu’il(elle) ne se relève pas de lui(elle)-même : ne le(la) déplace pas. C’est une règle absolue qui, comme toutes les règles absolues ne connaît qu’une exception : en cas d’incendie à proximité immédiate et si ceci ne te met pas en danger, il est envisageable (et même fortement recommandé) de déplacer la personne accidentée. En effet, aggraver une lésion est un risque à courir plutôt que de voir notre motard(e) finir carbonisé(e).

Que faire du casque du (de la) motard(e)

Enlever le casque ou ne pas l’enlever : telle est la question ! Bien que l’envie de soulager le motard et de l’aider à mieux respirer soit tentante, on y réfléchit à 2 fois avant de commettre potentiellement une très grosse bêtise.
Deux cas de figure se présentent :

  • Tu n’es pas secouriste / médecin / pompier : tu  ne peux pas identifier avec certitude les séquelles éventuelles provoquées par l’accident.  Partant de là, n’envisage pas de toucher au casque de l’accidenté(e). Pas besoin de chercher plus loin. La seule chose envisageable, c’est de défaire la jugulaire, si celle-ci est accessible et ne nécessite pas de mouvement du motard pour être défaite. Cela peut lui permettre de mieux respirer.
  • Tu es secouriste / médecin / pompier : tu es en capacité de savoir si oui ou non il faut retirer le casque de la victime (parce que oui, il existe des cas où le casque doit nécessairement et rapidement être retiré comme, par exemple, dans le cas d’un arrêt respiratoire et ce, afin de porter assistance au plus vite à la victime).
  • Troisième cas envisageable : tu es secouriste / médecin / pompier mais tu doutes. Sache déjà que le doute, c’est bien. Ça peut sauver des vies. Dans ce cas-là : pas touche. Ne prends pas le risque de tuer un motard, nous nous débrouillons très bien nous-mêmes.

La chute moto en solo

La chute en solo, on la craint, on y pense, on la redoute et pourtant c’est un fait : en tant que motard(e), on est sacrément exposé. C’est d’ailleurs pour ça qu’une brillante équipe de motards toulousains a développé la seule application mobile capable de détecter les accidents en moto et de prévenir les secours si le motard n’est pas en état de le faire lui-même.
Bon, ok, si tu doutes encore, viens découvrir l’application.

Une fois cette évidence bien en tête, passons à la pratique. Que faire en cas de chute en solo ? En théorie, c’est simple : laisse-toi tomber. Dans la mesure du possible, évite de mettre les mains en avant pour limiter l’impact au sol. Mieux vaut se mettre en boule et compter sur la protection de ses vêtements.
En pratique, on le sait, c’est plus compliqué.
On entend d’ici tes remarques cinglantes « Ah Liberty Rider, ils ont inventé la meilleure application moto du monde mais pour le reste, on repassera ! »
A dire vrai, il n’y a pas de façon de « bien tomber » ou de « mal tomber ». Et si l’on ne peut pas influencer l’issue de la chute, on peut tout de même prévenir les nombreux dommages potentiels.

L’anticipation, c’est la solution

Tiens, par exemple : as-tu pensé à glisser dans ton portefeuille un papier sur lequel figurent le nom des personnes à contacter en cas d’urgence ? Tu peux également y ajouter ton adresse, ton numéro de sécurité sociale, le nom de ta mutuelle ou encore ton groupe sanguin. Sache toutefois que le groupe sanguin n’est pas une donnée exploitable par les secours. Ils se doivent de vérifier avant de transfuser.

Porter un équipement adapté, on ne va pas s’étendre là-dessus, mais ça reste la base. C’est même la clé ! C’est pas pour rien que les pilotes de GP, malgré leurs chutes sensationnelles, s’en sortent indemnes (la plupart du temps).

 

accident moto GP

 

Donc on lésine pas sur la quantité ni la qualité (parce que oui mais non : le casque Jet à 40€ ne t’épargnera pas aussi bien qu’un intégral de chez Scorpion à 250€, cesse de te leurrer !) : pantalon coqué, chaussures montantes, cuir renforcé, casque intégral et gants. Et là : en avant guingamp, t’es prêt(e) à frotter du bitume !

combinaison-loris-baz-crash

Après un accident moto

Bon, ça y est, t’as frotté le bitume. Et maintenant, que faire ?
Chez Liberty, on est plusieurs à avoir déjà tenté l’expérience et on sait que les conseils qui suivent sont tout sauf faciles à appliquer quand arrive le drame.
Mais comme toujours, il ne coûte rien de rappeler ici les différentes règles de base qui pourraient bien te sauver la vie !

Dans la mesure du possible, nous te conseillons d’activer le coupe circuit dès que tu reprends tes esprits et ce, avant même de tenter de déplacer ta moto. Ceci t’évitera des mauvaises surprises (comme par exemple, le départ d’un incendie).
Ce conseil est, bien sûr, à ne pas appliquer si tu chutes sur une voie rapide. Il faudrait être bête pour aller courir après une moto arrêtée sur la voie centrale d’une autoroute sous prétexte que tu as lu ici que le premier réflexe à avoir était d’activer le coupe-circuit !
Je me permets donc de revenir sur mes propos précédents :

  1. D’abord, tu vérifies que tout va bien, pour toi et ton corps de valeureux(se) motard(e).
  2. Ensuite, tu t’assures que ta moto est accessible sans que tu prennes le risque d’un sur-accident
  3. Enfin, si les étapes préalables ont été correctement effectuées, là seulement tu peux aller activer ton coupe-circuit.

Une fois le coupe circuit activé, il te faut :

  • soit déplacer la moto pour la mettre en sécurité (tips pour relever une moto)
  • soit sécuriser la zone pour éviter le sur-accident (à toi les gilets jaunes et les bâtons phosphorescents à craquer, évoqués plus haut)

Réparations de la moto après l’accident :

Te voilà désormais en sécurité et ta belle aussi. C’est quoi la suite des opérations ?
Réparer les dégâts, bien sûr !
Les tiens en premier lieu mais aussi ceux de ta belle. Bon, potentiellement ta belle a passé l’arme à gauche et nous en sommes désolés. Si ce n’est pas le cas, fais le bilan des réparations à effectuer. Nous te préparons un article truffé de conseils bien pensés et bien utiles pour réparer ta bécane à moindre frais.

Ensuite, va venir le temps pour toi de remonter en selle. Un peu comme à cheval, il ne faut pas rester sur une chute ! Alors oui, à cheval, on se fait généralement moins mal / moins peur qu’à moto. Il va de soi qu’il est donc potentiellement plus facile de remonter à cheval plutôt qu’à moto.
Mais on tient à te donner quelques petits conseils expérimentés par des personnes ayant chuté dans la team pour mieux appréhender le retour sur un 2-roues motorisé. L’article est à venir !

Responsabilité d’accident moto

Bon, un accident, c’est déjà pas marrant. Mais les procédures administratives par lesquelles tu dois passer derrière, elles, sont franchement ennuyeuses. Parce qu’il est si rapide de s’y perdre, on a tenu à te rédiger un condensé de toutes les informations relatives à la gestion du remboursement orchestré par les assurances suite à un accident.
Ainsi, si les mots malus, franchise et expertise ne te parlent pas : tu seras clairement le(a) bienvenu(e) sur l’article que nous te préparons.

 

Reste dans le coin motard(e) !
Les nouveaux articles ne devraient pas tarder à voir le jour !

Partage l'information à d'autres motards !