Jour 1 — partir avec le ciel dans le viseur
Départ de Marseille.
Le ciel est chargé. Pas encore menaçant, mais suffisamment instable pour garder un œil constant dessus. Derrière la visière, je scrute. Au loin, les stries de pluie sont visibles, comme des rideaux suspendus entre ciel et terre.
Je croise les doigts pour ne pas avoir à traverser ça.
Le Vaucluse passe sans encombre. La route est agréable, le rythme se met en place. Le voyage commence vraiment là, dans ces premiers kilomètres où tout est encore possible.
En arrivant en Ardèche, le décor change. La route devient humide, mais la pluie se fait toujours attendre. Une tension légère s’installe — ça peut tomber à tout moment.
Puis viennent les gorges.
Et là, plus de doute : ça valait le coup. Les paysages s’ouvrent, les courbes s’enchaînent, la lumière joue avec le relief. Même sur chaussée humide, le plaisir est intact.
17h. Pause.
La question se pose, simple : où dormir ce soir ?
Pas de réservation. Pas de plan figé. Juste une direction. C’est aussi ça, le voyage — accepter de ne pas tout maîtriser, et trouver au fil de la route.
Châteauroux apparaît comme une évidence. Encore deux heures environ. Suffisamment loin pour avancer, suffisamment accessible pour ne pas forcer.
Je repars.
À une heure de l’arrivée, elle arrive enfin.
Franche, directe. Pas une hésitation.
Je prends une bonne averse. Le genre qui fait douter. Montluçon passe à portée — l’idée de s’arrêter là traverse l’esprit. Couper court. S’abriter.
Mais ça voudrait dire rallonger le lendemain. Changer le plan.
Alors je continue.
Parfois, il ne faut pas réfléchir trop longtemps.
À une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée, le ciel s’ouvre.
Une éclaircie, presque inattendue. Comme une récompense pour avoir insisté. La lumière revient, l’énergie aussi.
Les derniers kilomètres passent mieux.
J’arrive finalement à Châteauroux. Hôtel trouvé sans difficulté.
Les gorges de l’Ardèche